Le droit de vote est au cœur de toute démocratie. Au Luxembourg, il a connu une évolution progressive, marquée par des réformes successives qui reflètent l’histoire sociale et politique du pays. De l’exclusion des femmes et des classes populaires au XIXe siècle jusqu’à l’ouverture du vote aux résidents étrangers pour certaines élections, ce parcours illustre la manière dont le Grand-Duché a su adapter sa démocratie à une société en constante mutation.
Les débuts: un droit réservé à quelques-uns
Au XIXe siècle, le vote au Luxembourg n’était pas universel. Seuls les hommes possédant un certain niveau de fortune ou payant des impôts importants pouvaient participer aux élections. On parle alors de suffrage censitaire. Ce système limitait la vie politique à une élite privilégiée, excluant la grande majorité de la population.
À cette époque, moins de 10% des habitants avaient le droit de voter. Les ouvriers, les paysans et bien sûr les femmes en étaient totalement exclus.
1919: le suffrage universel
La Première Guerre mondiale et ses bouleversements ont profondément transformé la société luxembourgeoise. En 1919, une révision constitutionnelle historique introduit le suffrage universel.
Désormais, tous les citoyens âgés de 21 ans et plus peuvent voter, sans distinction de fortune, de profession ou de sexe. Les femmes acquièrent ainsi le droit de vote et deviennent électrices et éligibles. Cette réforme place le Luxembourg parmi les pionniers de la démocratie moderne en Europe.
Le scrutin devient en même temps obligatoire, afin de renforcer la participation et de donner plus de légitimité aux institutions.
1972: le vote dès 18 ans
Au fil du temps, d’autres réformes viennent adapter le droit de vote aux réalités sociales. En 1972, l’âge minimal pour voter passe de 21 à 18 ans.
Ce changement reflète l’importance croissante des jeunes dans la société et dans la vie politique. Les générations nées après la guerre réclamaient davantage de participation, et le Luxembourg a répondu à cette demande en élargissant l’électorat.
Le droit de vote pour les Luxembourgeois vivant à l’étranger
Le Luxembourg compte une importante diaspora. Pour maintenir le lien entre le pays et ses citoyens expatriés, des réformes ont permis aux Luxembourgeois vivant à l’étranger de participer aux élections nationales, à condition de s’inscrire sur les listes électorales.
Cela garantit que même ceux qui travaillent ou vivent à l’étranger conservent une voix dans les choix politiques de leur pays d’origine.
Les résidents étrangers et le droit de vote
Avec près de la moitié de sa population constituée d’étrangers, la question du droit de vote des résidents non luxembourgeois est devenue centrale.
Aujourd’hui:
Les ressortissants de l’Union européenne résidant au Luxembourg peuvent voter aux élections européennes du pays, s’ils s’inscrivent sur les listes électorales.
Les résidents étrangers, quelle que soit leur nationalité, peuvent voter aux élections communales, à condition d’avoir résidé au Luxembourg pendant au moins cinq ans (durée réduite à trois ans depuis 2022).
Ces réformes renforcent la participation démocratique d’une population diverse et permettent aux étrangers de contribuer activement à la vie locale.
Les débats actuels: vers plus d’ouverture?
Le débat sur l’élargissement du droit de vote aux étrangers pour les élections législatives a longtemps animé la scène politique luxembourgeoise. Un référendum organisé en 2015 proposait d’accorder ce droit aux résidents non luxembourgeois; mais la majorité des votants a rejeté cette proposition.
Néanmoins, la question reste d’actualité. Certains partis politiques et mouvements citoyens estiment que, compte tenu de la composition démographique du pays, une plus grande ouverture renforcerait encore la légitimité démocratique.
L’obligation de vote
Un autre aspect unique du système luxembourgeois est l’obligation de voter. Tous les citoyens inscrits doivent se rendre aux urnes. L’abstention peut entraîner une amende, sauf en cas de justification valable (maladie, déplacement à l’étranger, etc.).
Cette règle contribue à maintenir un taux de participation très élevé, l’un des plus forts en Europe.
De l’exclusion du XIXe siècle au suffrage universel, de l’abaissement de l’âge électoral à l’ouverture partielle aux étrangers, l’histoire du droit de vote au Luxembourg reflète l’évolution de la société et son attachement à la démocratie.
Aujourd’hui, le Grand-Duché combine une forte tradition participative, grâce à l’obligation de voter, et une volonté d’intégration de ses nombreux résidents étrangers, au moins au niveau local.
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